Association des Amis de Pierre Leroux

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                                       LE 20 juillet 2011

 

 

             Aux candidats à l’élection présidentielle

 

 

  Si  Philippe Séguin avait été Président de la République, il aurait comme de Gaulle en 1964 libéré la Sorbonne  du groupe de pression qui en 1905 a obligé Jaurès à marcher « sous le joug de la discipline organique ». Président du Conseil d’administration de l’Institut  aixois des sciences politiques, il savait qu’en 1896, en écrivant :« Nous avons gardé de la pensée de Pierre Leroux  deux mots, socialisme et solidarité humaine », parlait au nom de Guéret et de   Boussac (Creuse) en   n’étant soutenu que par  cinq professeurs de Sorbonne, dont Jaurès ; que jusqu’en 1914 Clemenceau a soutenu  Péguy contre l’Etat-Major de la rue d’Ulm, Lucien Herr, Emile Durkheim et Ernest Lavisse, qui obligeait Péguy, sous une stricte contrainte financière, à enfermer dans un tiroir ses écrits de 1905. Philippe Séguin savait qu’en 1941 de Gaulle a défendu contre l’Amiral Darlan la mémoire de Clemenceau, et en 1964 la mémoire de Péguy contre Romain  Rolland : ayant longtemps  témoigné contre « le blocus fait par Herr aux cahiers » et contre  sa « théocratie athée », Rolland avait été  « retourné » par Staline, et en 1944 il a accusé Péguy de bellicisme et de préfascisme. En commandant aux historiens français de « prendre Blanqui pour modèle», en faisant fusiller  David Riazanov, directeur de l’Institut Marx-Engels de Moscou, et en excluant Boris Souvarine, Staline  enfouissait les reliques  exhumées par Malwida von  Meysenbug, Pierre Lavrov, Gaetano Salvemini, Eugène Fournière et Varvara Stassova. Si les inédits de Péguy avaient disparu, « le plus grand mouvement des temps modernes » était à  jamais perdu.  Président de la République, de Gaulle a soutenu nos recherches et c’est avec ses encouragements que la Ville d’Orléans, le C.N.R.S. et la Société d’Histoire littéraire de la France, ont organisé le colloque L’esprit républicain qui en 1970 a abouti à cette conclusion :“Nouveau Diderot de l’Encycoplédie nouvelle, initiateur de George Sand dans sa “transformation” et (avec son  aide) dans la conversion  des autres génies de l’époque à la République sociale, c’est Leroux  que de plus en plus on découvrira à l’origine de  l’éducation  socialiste qui atteignit son point  le plus haut juste au début de ce siècle » (Lettre-Préface à Philippe Vigier par Jacques Viard, professeur de littératu comparée, page 1 des Actes (464 pages), L’esprit républicain, Klincksieck 1972.

      Quand j’ai écrit cela, Henry Poulaille m’a appris  qu’il disait cela durant les années trente. Fils d’ouvrier comme Péguy, il était inconnu à la Sorbonne  comme son « ami  très proche » Souvarine, lui aussi autodidacte et antiblanquiste. Conseiller littéraire de la C.G.T., il avait écrit en 1930, au  nom des Ecrivains prolétariens, qu’ il « faisait entièrement confiance à Giono ». En 1978, le    professeur à la Sorbonne qui éditait Giono chez Gallimard m’écrivit : ”je n’adhère pas à votre thèse centrale et permanente d’une pensée philosophique et politique de Giono formée par un socialisme français du XIXème siècle, qu’il aurait puisé essentiellement chez Sand et Leroux. Si véritablement ces deux écrivains avaient été la Bible  et les Prophètes pour lui, croyez-vous qu’il n’en aurait jamais parlé dans ses ouvrages, dans ses carnets, dans ses lettres, autour de lui ? ».  La Sorbonne attendit 1995 pour  reconnaître qu’ « en 1949, Giono avait donné à Proust  un successeur ».  Durant cette éclipse d’un demi-siècle, François Mitterrand  était « scandalisé et angoissé par la perte de « la mémoire collective  que causent les  lacunes dans l’enseignement de l’histoire ». En 1981, il fut élu Président de la République. Pierre  Leroux, à en croire    Commentaire (1978) et L’idéologie française (1981),  était responsable de « l’antisémitisme meurtrier du socialisme français » Il était « prudentissime et cauteleux » ou encore « très catholique », selon les blanquistes et les léninistes du Comité des historiens de l’Union de la gauche, et de la  Société d’Etudes Jaurésiennes. Le Comité central du Parti communiste français mettait les lecteurs de   l’Humanité en garde contre « une mode qui inquiète, la mode Pierre Leroux ». En 1983, France culture m’a retiré immédiatement et définitivement  la parole, quand le cardinal Henri de Lubac m’a écrit en lisant Pierre Leroux et les socialistes européens: « C’est toute une histoire, occultée ou  faussée que vous ressuscitez ». Mitterrand  entrevoyait les conséquences internationales de l’amnésie française. En 1991, pressé par Jacques Delors Président du Conseil de l’Europe, par Michel Rocard Premier ministre, par  Philippe Séguin Président de l’Assemblée nationale, le Congrès du  P.S.  a reconnu en que « l’hégémonie idéologique du  marxisme avait occulté le courant de pensée socialiste qui chemine de Leroux à Jaurès“. C’est la motion que le  Congrès de  1946 avait repoussée, quand Léon Blum avouait « une espèce de remords ». En 1996, disant très haut ce que Mitterrand disait tout bas, le Président Chirac a déclaré que « la France doit réparer l'injuste méconnaissance de Pierre Leroux“. Devoir incontestable de  l’Education nationale et de France culture à l‘égard des élèves, des étudiants, des enseignants et des représentants de notre pays à l’étranger. Mais en 1996, de  bonne foi, on pouvait encore hésiter, des documents primordiaux étant  encore occultés depuis un siècle par le Syndicat du Livre C.G.T.. Après la publication des Carnets de Joseph Mairet, après la réédition d‘un volume de Charles Renouvier (2000), d‘un article d’Albert Thibaudet (2007) et d‘une lettre de Clemenceau (2008), les défenseurs de Herr contre Péguy continuent à écrire que Léon Blum est resté „jusqu’au bout fidèle à Lucien Herr, son maître et son ami“( Dominique Missika, Je vous promets de revenir,2009)

En réalité, il a fait appel à de Gaulle, en comprenant à Buchenwald ce que Péguy était venu lui dire en 1914. Cela apparaît en 2011  dans un film dédié A Philippe Séguin, cependant   que deux professeurs de littérature en Sorbonne rendent hommage au courant qui va de Leroux et George Sand à Péguy,  confirmant ainsi l’accord que me donnait voici un quart de siècle la principale autorité catholique du XXème siècle. (Alain et Arlette Michel, La littérature française (1800-2000) et la connaissance de Dieu).

 

   Pour arrêter la déperdition mondiale de « la mémoire collective » et   rendre son honneur  à l’historiographie française, le prochain chef de l’Etat devra obtenir de l’Education nationale qu’elle mette en œuvre une profonde  révision. Il faut qu’il soit à la fois aussi autoritaire que de Gaulle et aussi lucide que Mitterrand en 1986. Intitulé L’Histoire ressuscitée, imprimé en une centaine de pages (20 euros), notre vingt et unième Bulletin voudrait servir d’aide mémoire . Trois communications :

 * Françoise Genevray, professeur de littérature russe à l’Université Lyon III, Malwida von Meysenbug et Alexandre Herzen

 * Eugène Faucher, professeur de littérature allemande à l’Université de Nancy, L’alliance franco-tchécoslovaque comme dénégation de la défaite française de 1918

 * Jacques Viard, Pierre Leroux, européen chassé de France, dont voici  le Sommaire

 

 

1.« Un enseignement supérieur extérieur à la Sorbonne » continué à Jersey en 1853, à Londres en 1940 et au procès de Moscou monté contre Péguy, à Aix-en-Provence, en 1963

           2 Le socialisme, depuis la « rencontre démocratique » de 1843. Les  évangélistes dissidents, franco-russes, combattus par « le socialisme viril »  - Le socialisme légué par des Communards (en particulier par le « soldat André Léo ») à Jaurès et à Péguy 

 3. « La voie prussienne » combattue en 1896 par Bernard Lazare   aboutit aux  « chemins  qui mènent à la mort » (Jean Giono à André Gide désespéré en 1936 à son retour de Moscou)

 4. Boussac contre le Grand Conseil Académique de février 1851 et contre le Parti de Friedrich Engels

 5 Ferdinand Buisson et Paul Janet contre le « papisme » positiviste. Contre le « papisme » de Buchez et contre le Sillon, les cardinaux français du Concile Vatican II.

 6.George Sand, Péguy, Marcel Proust et Giono :«  les appelants au futur concile se déclaraient en état de protestation pacifique et d’attente jusqu’au jour où une assemblée mieux autorisée de docteurs et de juges prononcerait sur leur appel » (Charles Renouvier)

 

Jacques Viard, professeur émérite de littérature comparée à l’Université de Provence, président de l‘association des amis de Pierre Leroux, interdit d’antenne par France culture depuis 1983