CÉLESTIN RAILLARD

Comité d'honneur du monument de Boussac

            Nous avons lu et relu, la plume à la main, les principales oeuvres de Pierre Leroux.
            Nous croyons le connaître assez pour être certain que si, conformément à sa doctrine de la renaissance, il occupe actuellement le nouveau corps d'un beau jeune homme de vingt-cinq ans, il ne manquerait pas, au jour de l'inauguration de la statue, que Boussac va lui élever, d'accourir et de demander la parole après tous les orateurs qui vont discourir sur sa doctrine.
            "Vous ne me connaissez pas, s'écrierait-il, vous ne connaissez pas mon oeuvre, vous défigurez ma doctrine, vous gâtez ma mémoire, vous donnez à mon apothéose une autre signification que celle que je lui donne moi-même. J'ai voulu la paix vous voulez la guerre ; j'ai voulu la concorde et vous semez la division et la haine. Arrière faux socialistes (1) !"

            Le comité d'honneur en formation comprenait notamment  :
Mme Adam, directrice de la Nouvelle Revue, Paris
Mme Maria Martin, directrice du Journal des Femmes, Paris
            MM.
Brisson, député de Paris, président de la Chambre ;
Cornudet, député de la Creuse ;
Desfarges, député de la Creuse ;
Lacôte, député de la Creuse ;
Martin Nadaud, ancien député ;
Pajot, député de Saint-Amand (Cher) ;
Vaillant, député de Paris ;
Maurice Barrès, publiciste, Paris ;
Fournière, conseiller municipal de Paris ;
Georges Renard, professeur à l'Université de Lausanne ;
Strauss, conseiller municipal de Paris
Champeau, conseiller général de la Creuse ;
Rousseau, conseiller général de la Creuse ;
Gauthier, conseiller général de la Creuse ;
Gollermard, conseiller général de la Creuse ;
Pauliat, sénateur du Cher :
Marion, professeur à la Faculté des lettres de Paris,
Barodet, député de la Seine ;
Henri Baüer, homme de lettres, Paris ;
Riffoterre, conseiller général de la Creuse ;
Mazeron, conseiller général de la Creuse ;
Aulard, professeur à la Faculté des lettre, Paris ;
Jules Claretie, de l'Institut, administrateur de la Comédie-Française ;
Defumade, député de la Creuse ;
Fernand Xau, directeur du Journal, Paris
Alfred Giard, ancien député, professeur à la Sorbonne ;
Félix Thomas, professeur de philosophie au Lycée Hoche (Versailles) ;
Ribot, directeur de la Revue Philosophique, Paris
Girault, sénateur du Cher ;
Naquet, député de la Seine ;
Paschal Grousset, député de la Seine ;
Sauton, conseiller municipal de Paris ;
Edouard Jacques, ancien président du Conseil général de la Seine, député de la Seine ;
Charles Sauvanet, député de l'Allier ;
Clemenceau, directeur de la Justice, Paris ;
Paul Brousse, conseiller municipal de Paris ;
Alfred Leconte, député, membre de la Société des Gens de Lettres ;
Bassinet, ancien président du Conseil général de la Seine, conseiller, municipal de Paris ;
Jean Ajalbert, homme de lettres, Paris ;
Edouard Petit, rédacteur en chef de l'Echo de la Semaine ;
Belot, professeur de philosophie au lycée Janson de Sailly, Paris ;
Docteur Jules Pioget, Asnières
Rodolphe Simon, publiciste, Paris ;
Ch. Raymond, auteur dramatique à Paris ;
Jean Jaurès, député du Tarn ;
Adophe Chérioux, conseiller municipal de Paris ;
Argyriades, avocat à la Cour d'appel de Paris, etc., etc., etc.

(1)   La discorde des classes est le mal du siècle. Partout une multitude grandit qui prétend détruire l'inégalité des conditions. Pourquoi cette inégalité, loi de la nature, a-t-elle été, même quand les lois humaine l'aggravaient, supportée sans répugnance,durant de longs siècles, par les classes inférieures ? Et pourquoi une inégalité bien moindre leur est-elle devenue plus insupportable ?
        Parce qu'alors, entre les classes si distinctes, existaient des liens étroits, une existence solidaire, un échange continu d'avantages. Les privilèges des unes étaient l'instrument et le prix de services visibles, et ce que les autres concédaient en prérogatives, elle le recevaient en protection...
        L'histoire en main, on peut dire : les siècles où malgré des moeurs violentes, la paix des coeurs se rompit moins furent les siècles où les inégalités de condition étaient les plus grandes (...)