Angelo PRONTERA

Notre Leroux

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           Je voudrais souligner d'abord l'honnêteté scientifique et morale de notre politique culturelle concernant P. Leroux.

           En effet nous avons perçu, grâce surtout à l'oeuvre, à l'action, à la passion et à l'intelligence de Jacques Viard, qu'il y avait là quelque chose à méditer, à reconnaître, à reconstruire : une tradition interrompue, una tradizione nascosta.

           J. Viard, co-président au Colloque Péguy vivant en 1977, nous a rendu sensible l'existence d'une tradition socialiste, religieuse et démocratique oubliée et méconnue [ ] .

           Et notre engagement fut pris : travailler, dans l'université et au-delà des schémas et des préjugés de la culture académique officielle, dans le but de remettre en circulation la parole et la réflexion de nos vieilles barbes de 48 : Pierre Leroux mais aussi G. Sand [1] , Mazzini, Ozanam, Lamennais [2] , Ferrari [3] , Buchez, Flora Tristan, Jeanne Deroin et Pauline Roland [4] etc.

           Nous étions tous soutenus et orientés par nos engagements et nos choix éthico-politiques, religieux et philosophiques en reconnaissant notre dette envers le XIXe siècle de la même manière que P. Leroux et G. Sand se référaient au XVIIIe.

           Ils reconnaissaient que c'était un siècle

"trop rempli d'idées et de travail intellectuel de tous les genres pour que la synthèse ait pu en être déjà faite avec clarté et profit par les historiens philosophiques de nos jours. C'est qu'il y a là un amas de documents contradictoires et de faits incompris, insaisissables au premier abord, sources troublées par le tumulte du siècle, et qu'il faudrait épurer patiemment pour en trouver le fond solide". Ils avaient la foi que "si notre siècle arrive à se résumer lui-même, il résumera aussi la vie de son père, le dix-huitième siècle, ce logogriphe immense, cette brillante nébuleuse, où tant de lâcheté s'oppose à tant de grandeur, tant de savoir à tant d'ignorance, tant de barbarie à tant de civilisation, tant de lumière à tant d'erreur, tant de sérieux à tant d'ivresse, tant d'incrédulité à tant de foi, tant de superstition à tant de raison orgueilleuse" [5] .

           Nous voilà donc occupés à remettre Leroux dans les mains, essentiellement souveraines, du lecteur contemporain et de langue italienne en particulier. En effet, depuis les dix dernières années, les étudiants de philosophie de l'université de Lecce lisent et méditent des oeuvres essentielles de Leroux en attendant de pouvoir le lire, dans toute son oeuvre, comme quelqu'un de chez nous en compagnie d'un petit-fils bien digne de lui : Charles Péguy.

           Dans ce travail culturel nous avons toujours choisi des thèmes et des moments forts, des "pivots" de la réflexion et de l'action de Leroux. Par les soins de Mme Emilia Chirilli nous avons d'abord publié en 1982 l'article Poésies de Pétrarque de la Revue Indépendante de 1842 car Leroux nous y donne un exceptionnel portrait de Pétrarque, situé entre Saint Augustin et J.-J. Rousseau, représentant lui aussi des grands révélateurs qui ont constitué la tradition de l'humanité en étant à la fois "grandissimi poeti", "grandissimi filosofi", "grandissimi innamorati". Dans cette droite lignée P. Leroux veut se situer en reconnaissant l'héritage le plus significatif qu'ils nous ont confié : le sentiment vif et profond d'un accord entre l'amour humain et l'amour divin. Par Pétrarque Leroux nous révèle surtout son projet : montrer avec une science adéquate la légitimité théorique de cet accord et promouvoir, avec les moyens les plus divers, économiques, politiques, sociaux, sa réalisation dans un nouveau monde humain soutenu et illustré par une nouvelle synthèse philosophique, par une science nouvelle qui reste l'aspiration la plus caractéristique du XIXe siècle dans son ensemble.

           Pour cela il faut éviter dans le même temps Charybde et Scylla, sortir de la fausse alternative de l'individualisme et du socialisme que Leroux compare à deux pistolets braqués l'un contre l'autre [6] , et retrouver l'idée et la pratique d'une solidarité fraternelle capable de faire vivre une communion qui est le besoin le plus profond, bien que souvent méconnu et offensé, de l'humanité concrète et souffrante. Il faut, avec les instruments d'une rigoureuse économie politique, dans la contestation radicale des postulats de l'économie politique anglaise, reconnaître et analyser, en opposition à la nouvelle féodalité qu'est le capitalisme bourgeois, le principe de l'indivisibilité du travail social qui exige et comporte, au niveau éthico-politique, l'organisation de la solidarité et de la communion : loi révélé par Socrate, par Jésus-Christ et par la Révolution française même.

           Nous avons présenté ces thèmes sous le titre global de Libertà Uguaglianza e Comunione en 1984, traduisant Individualisme et socialisme (1833), Aux Philosophes (1831), Le carrosse de M. Aguado (1847).

           Mais Leroux savait bien qu'il fallait convoquer à ce travail immense toutes les énergies, toutes les compétences, tous les charismes, toutes les classes, les femmes et les prolétaires, toutes les intuitions et toutes les industries et il avait commencé à le faire avec ses Discours ,Aux Philosophes et Aux Politiques.

           C'est justement ce dernier, dans son édition définitive de 1850-51 qui reprenait les articles de 1832 et de 1841-42, que F. Fiorentino a récemment présenté au public italien avec une introduction très documentée qui explique le texte et l'ample contexte de l'oeuvre de Leroux. Dans cette oeuvre capitale Leroux fait le point sur nombre de problèmes théoriques et politiques : il veut faire la lumière sur le législateur, sur la souveraineté du peuple, sur la perfectibilité du gouvernement représentatif et sur le rôle providentiel de la France comme religion. Il veut, en d'autres termes, donner ainsi les éléments fondamentaux d'une science politique capable de faire vivre la nouvelle religion démocratique qui réalisera la prophétie de J.-J. Rousseau, ce saint de l'avenir.

           Dans cette oeuvre, par son style et son contenu, se révèle et se confirme la capacité propre à Leroux de convoquer, à un même projet global, philosophie et religion, économie et politique. On peut dire que Aux Politiques est celle de ses oeuvres qui offre comme une synthèse générale de ses idées et de ses projets.

           En effet, quand, par les soins de F. Fiorentino, nous avons édité le Cours de Phrénologie (1853) en lui donnant le titre de Religione e Libertà [7] nous voulions rendre accessible un texte presque introuvable, mais aussi faire toucher du doigt le niveau de réflexion sur l'histoire religieuse et philosophique de l'humanité auquel Leroux a su nous convier pour nous faire apercevoir l'itinéraire que l'esprit humain avait parcouru à la conquête de la liberté contre tous les despotismes, temporels et spirituels.

           De Saint Augustin à la Réforme, de la Philosophie des Lumières à celle de la Restauration, Leroux voulait souligner les raisons d'une lutte constante contre tout manichéisme dualiste et contre toute vision élitiste et individualiste de la vie politique.

           Ses méditations s'alimentent aussi dans la discussion dialectique avec ses contemporaines : nous en avons donné un exemple en 1986 avec l'édition italienne par L. La Puma de l'essai Philosophie et christianisme de 1835-36 [8] où Leroux presse Lamennais de reconnaître la mort prochaine du Christianisme dans l'avénement d'une nouvelle synthèse.

           Fiorentino et moi-même nous avons analysé ces sujets avec de nombreux essais critiques portant soit sur l'esprit de la Revue Encyclopédique [9] soit sur le sens et la signification du rapport religion et politique [10] . Souvent on y trouve les termes et les fondements de la religion laïque de Leroux : le bien c'est la relation solidaire et fraternelle avec les autres, le mal c'est la séparation qui fait vivre toutes les formes d'absolutisme et d'esclavage.

           Ce travail de traduction et de discussions des idées a été toujours accompagné et suivi d'une rigoureuse recherche historique pour reconstruire et comprendre le contexte européen [11] . L. La Puma a mis en lumière, en comparant l'itinéraire philosophique et politique de Leroux et de Mazzini, l'existence d'incontestables affinités, influences et suggestions [12] de la réflexion et de l'action de Leroux sur Mazzini, mais aussi sur beaucoup d'autres démocrates italiens. Le résultat de ce noyau de relations et de discussions, c'est un socialisme historiquement vaincu mais encore vivant et capable de nous aider dans la construction d'un monde nouveau, socialiste et démocratique [13] . Ce cadre d'une constellation d'hommes et d'oeuvres a été enrichi par L. La Puma, avec l'édition italienne de Les philosophes salariés (1849) de Joseph Ferrari et la reconstruction du débat politique à l'intérieur de la proscription en Angleterre et à Jersey [14] , et dans le même temps ce cadre vient se préciser encore mieux avec l'édition de plusieurs lettres dans Leroux inedito [15] .

           Cette oeuvre de reconstruction historique des idées éthico-politiques demandait aussi l'étude approfondie de l'esprit philosophique qui régissait le projet de l'Encyclopédie nouvelle (1833-1847). Jusque là, on avait considéré l'Encyclopédie nouvelle comme un dictionnaire semblable à tant d'autres : Mme Forcina, au contraire, a montré que le projet c'était l'expression et l'application d'une nouvelle vision du monde toute centrée sur une nouvelle idée de raison et sur une manière toute existentielle de la mettre à l'oeuvre. Emergeaient ainsi l'originalité et l'actualité d'une vision philosophique dans laquelle les idées de personne, de pluralité, d'existence singulière prenaient corps, soutenues par un sens de la vie plus synthétique et plus concret : naissait l'idée centrale de croyance qui allait prendre toute une autre importance vers la fin du siècle dans l'oeuvre philosophique de Renouvier [16] .

           Une raison moins totalitaire et plus souple, plus capable de reconnaître ses propres limites et ses propres points de force, c'est l'héritage que, suivant Mme Forcina, l'Encyclopédie nouvelle nous donne encore [17] . C'est un héritage qui s'est construit à partir des deux vraies professions de foi de P. Leroux, De l'union européenne, 1827, Plus de libéralisme impuissant, 1831, que nous vous proposons aujourd'hui [18] , en français et en italien.

           Dans l'oeuvre de Leroux si riche et si complexe, expression à son tour d'un riche contexte historique d'idées et d'attitudes, de choix et de croyances, nous avons reconnu des problèmes ouverts, où nous sommes tous encore entièrement plongés. Quelques exemples : F. Fiorentino nous invite, en traduisant la Réfutation de l'Eclectisme de 1839, à réfléchir sur les relations entre l'idée de philosophie et l'idée de religion. D'autre part, Mme Forcina va redécouvrir la contribution que l'Encyclopédie nouvelle apporte à la position et à la discussion de l'univers "femmes" [19] où les femmes demandent de pouvoir façonner avec nous une civilisation nouvelle. Quant à l'édition italienne de l'article Egalité (celui de 1839 et son édition définitive de 48 à Boussac [20] ) elle nous oblige à reconsidérer pour notre temps les perspectives de Leroux à la recherche des raisons, religieuses, politiques et philosophiques, de l'égalité comme but et aspiration finale de l'itinéraire millénaire de l'humanité [21] .

           En conclusion, Leroux nous aide à poser des problèmes qui sont à la fois théoriques et vitaux : sa conquête la plus significative, selon La Puma [22] , c'est sa réflexion sur les formes du gouvernement représentatif : mariant socialisme et démocratie, elle se révèle d'une frappante et surprenante actualité, au delà de tout mythe jacobin. Pour ma part, j'aime souligner, à propos de la lecture que Leroux fait de J.-J. Rousseau [23] , la sévérité de son interprétation de la démocratie rousseauienne, et sa volonté d'organiser la démocratie en refusant de croire avec Rousseau que la souveraineté est incompatible avec toute représentation. Dans l'attitude de Leroux, je note encore une critique du mythe de la raison qui caractérisait le dix-huitième siècle, qui croyait à la possibilité d'une science supérieure de la vie et de la vie politique en particulier. Et qui risquait d'aboutir au parti intellectuel contre lequel a lutté Péguy.

           Des différences existent, cela est évident, entre les perspectives philosophiques et politiques de chacun des membres de notre groupe de recherche. Ces différences ont enrichi notre débat et notre lecture de Leroux. Et ce travail passionné a certainement fait apparaître au moins l'existence d'un problème Leroux. Les symptomes les plus significatifs nous semblent ceux qui se révèlent dans les meilleures études qui sont faites en Italie sur la pensée politique de 48, celles du groupe de travail autour de M. Salvo Mastellone dans les universités de Florence et de Pérouse.

           Nous nous référons aux travaux de F. Bracco sur L. Blanc et sur les associations ouvrières où la présence significative de Leroux est signalée et valorisée [24] . Il est aussi remarquable que dans son Histoire de la démocratie en Europe, Salvo Mastellone [25] commence à reconnaître à P. Leroux son rôle ; d'autre part Ivo Comparato fait état d'études essentielles sur Leroux dans sa contribution à l'historiographie politique contemporaine [26] . Finalement aussi chez D'Anna, prestigieuse maison d'édition italienne qui a dédié beaucoup de travaux au Risorgimento, vient de paraître le travail de M. V. Collina qui donne beaucoup d'importance à la réflexion religieuse et métaphysique de Leroux à l'intérieur des démocraties françaises de 40 [27] .

           Si nous considérons aussi que des socialistes chrétiens reconnaissent, par l'oeuvre de Alfredo Luciani [28] (30), l'importance de Leroux dans une tradition non marxiste du socialisme, nous pouvons espérer que notre travail sera un des apports aux recherches qui vont concerner Leroux, son entourage et son influence.

Colloque d'Aix 1990



Ci riferiamo a quel gruppo di studiosi che, a vario titolo, fanno parte del Centro Charles Péguy del Dipartimento di Filosofia dell'Università di Lecce a che hanno contribuito con la ricerca e con la discussione a dar corpo a quell'insieme di pubblicazioni e di iniziative dedicati in particolare al movimento religioso, socialista e repubblicano del 48 europeo.

[ ] Cf. J. Viard, Péguy et la tradition démocratique et sociale, pp. 35-72 e Péguy et Leroux, pp. 525-536 in AA.VV., Péguy vivant, Lecce, Milella, 1978.

[1] Cf. A. Prontera, Filosofia in George Sand ?, pp. 63-72, in AA.VV., Donne in filosofia, a cura di G.A. Roggerone, Manduria, Lacaita, 1990.

[2] Cf. AA.VV., Lamennais e noi, a cura di A. Prontera e P. Byrne, Lecce, Milella, 1986.

[3] Cf. G. Ferrari, I filosofi salariati, a cura di L. La Puma, Lecce, Milella, 1988.

[4] Cf. J. Sabiani, 1830 : Aux sources du féminisme, in "Quaderno Filosofico", nn. 12-13, 1985, pp. 141-204.

[5] G. Sand, La Comtesse de Rudolstadt, Paris, Garnier, 1959, p. 481.

[6] Cf. G.A. Roggerone, Le due pistole di Leroux : libertà e società, in Filosofia e prassi politica, Manduria, Lacaita, 1990.

[7] Lecce, Milella, 1980.

[8] Cf. P. Leroux, Lamennais : filosofia e cristianesimo, a cura di L. La Puma, in AA.VV., Lamennais e noi, cit., pp. 41-82.

[9] Cf. F. Fiorentino, Religione e politica nel Leroux della "Revue encyclopédique", in "Quaderno filosofico", nn. 12-13, cit., pp. 27-78 ; La risposta di Leroux a Lamennais : trinità e problema sociale, in "Sapienza", gennaio-marzo, 1990, pp. 41-56.

[10] F. Fiorentino, "Coscienza" e "Consenso" in P. Leroux, in "Note", marzo-settembre, 1989, pp. 12-24 ; A. Prontera, Filosofia, religione e libertà, appendice à P. Leroux, Religione e libertà, cit., pp. 305-319 ; A. Prontera, Leroux lettore di S. Agostino, in "Note", n. 13, 1987, pp. 12-26.

[11] Cf. J. Viard, Pierre Leroux, George Sand, Mazzini, Péguy e noi, a cura di A. Prontera, Lecce, Milella, 1980.

[12] Cf. L. La Puma, Affinità e convergenze nella formazione ideale di Leroux e Mazzini, in "Quaderno filosofico", n. 4, 1980, pp. 129-153.

[13] Cf. L. La Puma, Il socialismo sconfitto. Saggi sul pensiero politico di Leroux e Mazzini, Milano, Franco Angeli, 1984.

[14] Cf. L. La Puma, Socialismo e repubblica in "L'Homme", in "Trimestre", nn. 3-4, 1986, pp. 179-205.

[15] Cf. L. La Puma, Leroux inedito, Firenze, Centro Editoriale Toscano, 1990.

[16] Cf. M. Forcina, Ragione e pluralismo nella Francia del XIX secolo, in Dalla ragione non totalitaria al pensiero della differenza, Cavallino, Capone, 1990, pp. 9-92.

[17] Cf. M. Forcina, I diritti dell'esistente. La filosofia della Encyclopédie Nouvelle. 1833-1847, Lecce, Milella, 1987.

[18] Cf. P. Leroux, De l'union européenne, a cura di L. La Puma, Pino Mariano, A. Prontera, Calatina, Panico, 1990.

[19]   E. Legouvé, Donne, a cura di M. Forcina (in corso di stampa).

[20] CF. P. Leroux, L'Eguaglianza, a cura di A. Prontera, Lecce, Milella, 1990.

[21] Cf. A. Prontera, Il progetto 89, Pierre Leroux e l'eguaglianza, in "Idee", n. 14, 1990.

[22] Cf. L. La Puma, P. Leroux : dal giacobinismo al socialismo democratico, in AA.VV., I modelli nella storia del pensiero politico, Firenze, Olschki, 1989, pp. 355-367.

[23] Cf. A. Prontera, Leroux, Rousseau e la sovranità popolare, in AA.VV., Per un'idea di popolo e di democrazia, a cura di A. Prontera, Lecce, Milella, 1987, pp. 121-138, et cf. A. Prontera, La filosofia come metodo. Libertà e pluralità in Péguy, Lecce, Milella, 1988.

[24] Cf. F. Bracco, Autorità e libertà nel dibatito fra Blanc e Proudhon (1848-1850), in "Materiali di storia 3", Perugia, 1978-79, pp. 133-176 ; cf. inoltre AA.VV., Democrazia ed associazione, a cura di F. Bracco, Firenze, Centro Editoriale Toscano, 1990.

[25] Cf. S. Mastellone, Storia della democrazia in Europa, Torino, Utetr, 1986.

[26] Cf. I. Comparato, Vent'anni di storia del pensiero politico in Italia, in "Il pensiero politico", n. 1, 1987, pp. 1-55.

[27] Cf. V. Collina, Le democrazie nella Francia del 1840, Messina-Firenze, D'Anna, 1990.

[28] Cf. "Il socialismo del futuro", n. 1, 1990.

 

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